Vous êtes plutôt métal ou plutôt béton ?
La ville de Toulouse a choisi son camp dans les années 1960 en décidant de s’adapter à la nouvelle ère de l'époque : tout automobile, optimisation de l'espace, forme géométrique et… béton !
Grands projets, grands moyens sur la place des Carmes
1962, 7 ans après la place Victor Hugo, la ville de Toulouse choisit de sacrifier son patrimoine et rase la (superbe) halle métallique qui avait eu peine à voir le jour en 1892.
L'architecture métallique de ce marché couvert au style oriental s’organisait selon un plan octogonal surmonté d’une coupole ornée de lucarnes et vitrée dans sa partie basse. Elle succédait au couvent des Carmélites installé lui depuis le 13e siècle et détruit juste après la révolution française.
Au début des années 1960 Toulouse est dans une période de transition urbaine. Le nombre de voitures circulant en ville a doublé, passant en moyenne d’une pour six personnes à une pour trois personnes. Les places publiques et les bords de Garonne étant envahis de voitures, la municipalité tranche et priorise le développement urbain en faisant appel à l’équipe d’architectes nommée l’équipe Candilis.
Le nouveau bâtiment qui sort de terre en 1966 est hybride et osé, dans un style qui juxtapose trois formes géométriques ... rien que ça !
On retrouve un rectangle pour les bureaux sur 5 étages, un cylindre pour le parking sur 7 niveaux et un parallélépipède pour le marché qui lui sera le dindon de la farce...
En effet, l'équipe se focalisent sur le parking et les bureaux, la partie du marché est mise au second plan. Juste avant l'ouverture on s'apeçcoit qu'il manque de la place pour rentrer toutes les loges…des modifications de dernières minutes sont alors réalisées.
L’inauguration par le maire Louis Bazerque ne fait pas l’unanimité et des témoignages racontent que des tomates ont été jetées à la tête des officiers !
Une nouvelle équipe d'architectes est chargée de la réhabilitation du bâtiment en 1999
Le développement massif des grand hypermarchés participe dans les années 1980/1990 à une large perte de vitesse de l’activité commerciale du marché. Un projet de mise en avant du marché est entreprit à la fin du siècle. C’est à cette époque que l’on ouvre le marché sur l’extérieur avec de larges baies vitrées. Les étalages de fruits et légumes ou de fleurs sont visibles depuis la place et encouragent le passant à entrer.
Décrié autant que adulé et reconnu, le marché des Carmes dans sa version moderne des années 1960 n'en reste pas moins aujourd'hui un symbole fort de la gastronomie de la ville.
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